Espace Schengen : La Roumanie et la Bulgarie en bonne voie

La Roumanie et la Bulgarie se rapprochent de leur objectif de rejoindre l'Espace Schengen. L'Autriche, qui avait bloqué l'adhésion des deux pays en 2022, a accepté de revoir sa position. L’Union européenne ouvre ainsi la voie à une entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen.

En effet, l'Autriche, qui avait émis un véto il y a un an, s'est montrée réceptive à une révision de sa position. Toutefois, cet assouplissement s'accompagne de conditions strictes. Les positions au sein de l'Union européenne (UE) révèlent des perspectives favorables quant à l'éventuelle adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'Espace Schengen.  Depuis le rejet de leur entrée dans l'Espace Schengen par l'Autriche en décembre 2022, la Roumanie et la Bulgarie se trouvaient dans une situation de statu quo. Mais les données ont changé.

La proposition actuelle de l'Autriche envisage une approbation limitée à l'abolition des contrôles de passeports bulgares et roumains, mais exclusivement dans les aéroports, créant ainsi une notion d'« Air Schengen ». En contrepartie de cette concession, l'Autriche énonce des exigences claires. Elle préconise un triplement de la présence des officiers de l'Agence européenne des gardes-frontières (Frontex) en Bulgarie.

De plus, elle demande une intensification des contrôles entre la Bulgarie et la Roumanie, ainsi qu'entre la Hongrie et la Roumanie. Un point majeur concerne également l'accueil par les deux pays de réfugiés afghans et syriens en provenance d'Autriche, après avoir transité par la Bulgarie ou la Roumanie.

La proposition d'« Air Schengen » ne satisfait pas la Roumanie

L'ajustement de la position autrichienne à l'égard de la Roumanie peut s'expliquer de diverses manières. La contribution de Bucarest a renforcé son statut de partenaire crucial pour l'UE et les États-Unis, influençant ainsi le soutien des deux parties à son entrée dans l'Espace Schengen. Le lobby roumain, notamment issu des milieux d'affaires, a également su exploiter le levier économique.

L'Autriche, en tant qu'investisseur majeur en Roumanie, a été confrontée à des appels publics de boycott après son veto de l'année précédente. Ces réactions ont potentiellement entaché l'image des entreprises autrichiennes opérant en Roumanie. Un autre enjeu crucial réside dans l'exploitation du gaz en mer Noire par la compagnie autrichienne OMV-Petrom, constituant un levier politique significatif activé par Bucarest.

La proposition d'« Air Schengen » ne satisfait pas la Roumanie, principalement en raison de son incapacité à devenir un membre officiel de Schengen. De plus, cela n'éliminerait pas les retards interminables aux frontières, entravant l'économie roumaine, notamment le secteur du transport routier.

Cela fait plus d'une décennie que Bucarest lutte pour intégrer Schengen, un objectif majeur pour le pays. Bien que Bruxelles assure que tous les critères sont remplis, l'issue semble encore tributaire de la volonté du gouvernement autrichien axé sur la sécurité de ses frontières.

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