« Je ne vais pas aller au bled travailler pour 100 euros par mois », affirme un sans-papiers algérien

Dans les centres de rétention administrative (CRA), les étrangers sans-papiers se retrouvent dans une situation précaire. Selon les données de la police, 70 % d'entre eux, faute d'identification, de laissez-passer, ou d'épuisement des voies de recours, sont relâchés après 90 jours de rétention.

Les procédures théoriques, censées aboutir à l'éloignement du territoire, se heurtent à la réalité complexe du terrain. Les demandes de maintien au CRA après 60 jours sont rarement confirmées par les juges, laissant la majorité des individus assignés à résidence officiellement, mais sans adresse fixe. La police, devant prouver la nationalité des retenus, fait face à des défis administratifs, notamment pour obtenir les laissez-passer nécessaires.

Les sans-papiers retenus vivent dans des conditions difficiles. Les chambres insalubres et surpeuplées génèrent des tensions. Malgré les efforts de la police pour expulser les sans-papiers, la réalité du terrain démontre l'inefficacité de ces expulsions. Certains individus qui se sont retrouvés plusieurs fois dans un CRA en France, reviennent régulièrement après avoir été expulsés. Le témoignage d’un jeune Algérien, Najadi B. souligne l'attrait économique de la France, où travailler chez Uber Eats permet de gagner davantage qu'au pays d'origine.

« Dans le mois de mon expulsion, je reviens », raconte cet Algérien

Dans un reportage réalisé par Le Figaro dans le centre de rétention de Toulouse, Najadi B. révèle la difficulté de convaincre les sans-papiers de retourner dans leur pays d'origine, où les perspectives économiques sont bien moindres. Selon lui, travailler en France, même sans statut régulier, offre des opportunités financières plus attrayantes. La question des expulsions se heurte donc à la réalité économique et sociale qui pousse les sans-papiers à revenir malgré les tentatives d'éloignement.

« On va me renvoyer à Oran (Algérie), vous savez qu’il y a la plage là-bas ? Je vais prendre un peu de vacances avec mes parents et ma petite sœur que je n’ai pas vus depuis cinq ans. Mais dans le mois de mon expulsion, je reviens », affirme-t-il. Pour la raison de son retour, il explique : « je ne vais pas aller au bled travailler pour 100 euros par mois. Ici, on travaille chez Uber Eats pour 100 euros par jour ».

Un Algérien, naturalisé français, lui a facilité l'accès à un compte Uber moyennant une redevance hebdomadaire de 150 euros. Cette opportunité lui a permis d'accumuler des économies et d'envoyer 2000 euros à Oran. Cette somme serait utilisée pour financer les frais nécessaires à son retour en Europe après ce qu'il qualifie ironiquement de « vacances ».

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