« On a quitté l'Afrique parce qu'on y faisait du surplace », des livreurs algériens en France témoignent

Les livreurs Uber Eats en France dénoncent une chute importante de leurs revenus, attribuée à la mise en place d'un nouvel algorithme, calculant le montant de leurs courses. Les syndicats CGT et Union Indépendants ont émis un communiqué appelant à une large mobilisation des livreurs pour une grève nationale.

« On gagne deux euros pour pratiquement deux kilomètres », explique Sohaib, un jeune Algérien de 26 ans, qui témoigne à Actu Paris. Parti il ​​y a près de trois ans d'Alger, où, selon ses dires, il n'avait aucune perspective, et après quelques mois en Espagne, le livreur peine à joindre les deux bouts. « Il n'y a aucun autre travail que je peux faire ici », affirme-t-il résigné. Il indique qu'il sera en grève ce weekend.

Après la mise en place d'une tarification basée sur le temps gagné, les livreurs Uber, habitués à attendre en face des restaurants, sont largement pénalisés. « Les courses ne nécessitant pas de temps de déplacement sont moins rémunérées », a décidé Uber Eats.

La réalité de la situation est palpable à travers le récit de ce livreur algérien, dont la précarité financière est exacerbée par cette nouvelle politique tarifaire. « Gagner seulement deux euros pour une distance de deux kilomètres, c'est insoutenable. Comment peut-on vivre avec si peu ? » s’interroge-t-il, désabusé. Cette situation expose la vulnérabilité des travailleurs de la livraison, contraintes d'accepter des conditions dégradantes pour assurer leur subsistance.

L'avenir s'annonce difficile pour les livreurs Uber

Mais pour Sidou, un autre livreur algérien âgé de 24 ans, l'avenir s'annonce difficile. « On sait que l'année prochaine va être très compliquée pour nous. On a quitté l'Afrique parce qu'on y faisait du surplace, parce qu'on ne pouvait pas avancer là-bas. Mais on est sans-papiers, on loue des comptes qui sont parfois bloqués. Et on sait qu'avec les Jeux olympiques, il va y avoir beaucoup plus de policiers et de contrôles », soutient-il.

Cependant, l'entreprise assure que « si ce changement peut faire varier certains cours à la hausse et d'autres à la baisse », l'impact est « neutre sur le niveau moyen des tarifications des cours ». Malgré ces assurances, la grogne persiste parmi les livreurs, qui voient leurs revenus diminuer de manière significative.

Le témoignage de Sohaib, de Sidou et d’autres livreurs Uber met en lumière l'impact réel de la politique tarifaire d'Uber Eats sur la vie quotidienne de ces travailleurs migrants. Les livreurs, souvent issus de milieux précaires sont les premières victimes de cette logique économique impitoyable.

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