Un Franco-Algérien victime d'un coup de cutter en raison de son origine

Mourad, un franco-algérien de 29 ans, a été agressé par un septuagénaire utilisant un cutter. L'agresseur présumé a failli trancher la gorge de la victime dans une scène filmée et largement partagée. Le mis en cause a été placé sous surveillance judiciaire et sera jugé en mai prochain.

Selon le site arabophone Ennahar, la victime est d’origine algérienne, il s’est exprimé mardi devant la presse, quatre jours après l'attaque. Des bandages médicaux entourent son cou, dissimulant ses blessures, Mourad ressent toujours une profonde tristesse.

Vendredi dernier, ce jardinier de 29 ans taillait les arbres d'une dame avec deux de ses collègues. C'est alors qu'il s'est retrouvé face à face avec un septuagénaire. Ce dernier, mécontent de voir le camion des ouvriers entraver la circulation près de sa maison, les a attaqués, les qualifiant à plusieurs reprises de "malfaiteurs".

L’agresseur a ensuite crié à Mourad : "rentrez chez vous. Oh c’est chez moi, les bourricots !" Le jardinier a tenté d'apaiser la situation en disant fort "Laissez tomber", mais en vain. Le septuagénaire a répété ses insultes racistes avant de sortir le cutter. Pendant que le Franco-algérien filmait la scène, l'agresseur l'a frappé à la gorge avec son arme blanche avant de quitter sa maison.

L'agresseur placé sous surveillance judiciaire

Lors de ses déclarations à BFM TV, le Franco-algérien indiquait, "son regard disait tout. Je n'avais jamais vu un regard aussi sombre et déterminé auparavant. Il m'a pointé du doigt, m'a demandé de regarder ailleurs, puis m'a frappé violemment à la gorge".

Malgré la gravité de l’attaque et son caractère raciste, le juge des libertés et de la détention, qui a interrogé le suspect dimanche, n'a pas répondu aux demandes du procureur et a placé l'accusé sous surveillance judiciaire. Le procès aura lieu le 16 mai 2024, et l'accusé devra répondre de "violence avec usage d'une arme ou menace d'une arme, suivi d'une incapacité de plus de huit jours, et d'injure non publique en raison de l'origine, de la race, de l'ethnie ou de la religion".

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