Droit des binationaux en Algérie : Mahrez au cœur du débat

La nouvelle loi sur la presse a suscité la polémique en excluant les binationaux de la possibilité de créer des médias en Algérie. Cela a engendré des débats animés au sein de la classe politique algérienne. L’international algérien Riyad Mahrez s’est retrouvé, malgré lui, au cœur des débats.

En effet, le député de la wilaya de Djelfa Ahmed Rabhi a choisi de citer Riyad Mahrez comme exemple, soulignant que bien qu'il représente fièrement l'Algérie sur les terrains de football, il est désormais interdit de participer à la création de médias dans son pays. Cette restriction a été introduite dans la nouvelle loi sur l'information en août dernier, exigeant une nationalité algérienne exclusive pour toute implication dans les médias, qu'ils soient écrits, audiovisuels ou électroniques.

Cette exclusion a été perçue comme une surprise et un recul après plusieurs années de progrès. En novembre 2020, la Constitution avait supprimé l'obligation de la nationalité algérienne exclusive, ouvrant la voie à une plus grande participation des binationaux aux postes de responsabilité au sein de l'administration.

Le monde du football illustre parfaitement les avantages que les binationaux peuvent apporter à l'Algérie. Grâce à un changement de règles de la FIFA autorisant les binationaux à représenter leur pays d'origine, l'équipe nationale d'Algérie a connu une transformation remarquable. Des joueurs tels que Mahrez, Bouanani, Chaibi Aouar, Mandi, Bentaleb, Gouiri et Bennacer ont apporté leurs précieuses expériences acquises dans les meilleurs centres de formation du monde pour servir leur nation.

La place des binationaux au cœur du débat

La question de la place des Algériens détenant la nationalité d'un autre pays en Algérie est un sujet de débat récurrent, touchant à la vie politique, médiatique, économique et culturelle du pays. Si le discours officiel promet la contribution des binationaux au développement et au rayonnement de l'Algérie, la réalité sur le terrain est parfois différente.

Le député Ahmed Rabhi a soulevé cette question, pointant du doigt une « dualité » et une « contradiction » dans la législation algérienne. Il a cité en exemple le cas de Riyad Mahrez, lequel est le bienvenu pour représenter l'Algérie sur le terrain, mais se voit refuser l'accès à la création de médias, voire même à la participation en tant qu'actionnaire.

Le député souligne que dans un monde compétitif, priver le pays des compétences avérées de certains de ses citoyens pour des raisons de nationalité n'était pas raisonnable. Cela était d'autant plus vrai que de nombreux binationaux avaient montré leur valeur dans divers domaines, tels que les nouvelles technologies, la recherche scientifique et les affaires, en France, au Canada et ailleurs.

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