Nouveau titre de séjour : la France va t'elle vers une immigration choisie ?

A travers le nouveau titre de séjour qu'il propose, le gouvernement français va-t-il adopter le concept de l'immigration prôné par l'ancien président, Nicolas Sarkozy ? L'idée n'est en fait pas si loin que de ce que proposait ce dernier, estime-t-on.

Ancien ministre de l’Intérieur, devenu président de la République (2007- 2012), Nicolas Sarkozy plaidait pour l'instauration d’un système de quotas d’immigration en fonction des besoins dans certaines branches professionnelles. C'est pratiquement ce que propose actuellement le gouvernement français à travers son nouveau type de titre de séjour.

Dévoilé il y a quelques jours par le ministre de l'Intérieur et celui du Travail, ce procédé ou ce qu'ils ont appelé titre de séjour « métiers en tension », permet la régularisation des sans papiers étrangers qui veulent travailler dans une profession en mal de recrutement et qui souffre de manque de main d'œuvre. Ça rime en effet parfaitement avec le plan Sarkozy.

"Il s’agit plutôt de remettre au goût du jour une idée de Sarkozy"

« Ce n’est pas un besoin législatif. Il s’agit plutôt de remettre au goût du jour une idée de Sarkozy, celle de l’immigration “choisie”, face à l’immigration “subie” », pense d'ailleurs Virginie Guiraudon, directrice de recherche CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po Paris et spécialiste de l’évolution des politiques migratoires françaises et européennes.

Citée mercredi 9 novembre par le site Rapports de Force, cette dernière estime qu'il ne s'agit d'un simple héritage de la politique de l’ex président français. Pour elle « l’idée est de dire : on est pas pour du zéro immigration, on est pour choisir les migrants dont on a besoin ; les autres, on n’en veut pas ».

« vision assez instrumentale et jetable »

La secrétaire générale de l’association La Cimade, Fanélie Carrey-Conte, estime de son coté que la nouvelle approche du gouvernement est une « vision assez instrumentale et jetable du rapport aux personnes étrangères ».

C'est dire en somme que le projet du gouvernement français est loin de faire l'unanimité au sein même de la société française. Que dire alors des intéressés, les immigrés sans papiers ?

La durée de validité du titre de séjours, l'autre objet de critique

Il y a lieu de signaler que ce nouveau titre de séjour n'est valable en fait que pour une période d'une année. « Si le métier n’est plus en tension, évidemment cette personne perdrait son titre de séjour au bout d’un an (…) Elle aura cotisé à l’assurance chômage. Si à la fin elle n’a plus cette assurance chômage, elle doit repartir évidemment du sol national », a expliqué sur BFMTV, Gérlad Darmanin.

En terme plus clairs si le besoin à l'immigré n'est plus ressenti, on le vire et il perd son titre de séjour. « Scandaleux », estiment des spécialistes et militants associatifs.  « Ils vont sauver l’économie pour être renvoyés ? Ça n’a aucun sens », a souligné Jean-Claude Lenoir, président de l’association Salam.

« Non seulement ce délai d’un an ne peut pas permettre une intégration, mais le sujet des emplois non-pourvus en France mériterait d’être traité autrement », a encore dit ce dernier.

Lire aussi - Nouveau titre de séjour en France : une chance pour les sans-papiers algériens

Retour en haut