Vivre sans titre séjour en France : un Algérien raconte son histoire

Ils doivent des milliers d'Algériens qui vivent irrégulièrement en France. Fares en fait partie. Parti dans l'Hexagone en 2016 avec un visa étudiant, il s'est retrouvé en situation irrégulière après l'expiration de son titre de séjour.

C'était en février 2017. Depuis, il vit la peur au ventre de crainte d'être repéré par les services de sécurité français. Parallèlement, il a entrepris les démarches nécessaires pour régulariser sa situation. Sa stratégie, justifier trois ans d'existence sur le territoire français et une bonne conduite assortie d'une volonté d'intégration.

Pour ce faire, il devait rassembler 24 fiches de paies. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Fares n'a pas lésiné sur les efforts en enchaînant les jobs pour le besoin de son dossier de régularisation, mais aussi pour subvenir à ses besoins. « J'ai travaillé dans la fibre optique, dans le déménagement, sur les marchés, dans la restauration. J'ai été serveur puis chef de rang », a-t-il confié à Europe 1 qui lui a consacré un portrait.

Un premier CDI

Grace à son abnégation, son sérieux et surtout son désir de décrocher un titre de séjour, il a fini par décrocher un CDI, offert par de ses employés qu'il avait séduit par ses qualités. « On a appris à se connaître. Il a vu comment je bossais, que j'étais sérieux. Alors quand il a monté sa boîte, il a pensé à moi et il m'a recruté. Depuis un an maintenant, je travaille comme agent d’exploitation dans une société de transport et de déménagement », raconte encore Fares.

Ce dernier a crû alors qu'il a avait touché le bout du tunnel. Sauf que les choses ne se sont pas déroulées comme il l’avait prévu. Le mois de septembre dernier, il a été arrêté par la police lors d'une opération de contrôle ordinaire.

Arrêté, une OQTF prononcée contre lui

Conduit au commissariat, il a été placé en garde à vue avant qu'une obligation de quitter le territoire français lui soit signifiée. Une OQTF qui a été cependant annulée grâce à son avocate.

« Ça a été très dur, tout ce que j’ai construit pendant ces années s’est écroulé. J’ai toute ma vie sur le territoire français », a-t-il déclaré après la décision de son expulsion. Fares qui s'est marié dernièrement n'a qu'un seul objectif : régulariser sa situation et vivre légalement en France. Il compte déposer sa demande d'un titre de séjours prochainement.

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