Refus de visa d'études au Canada : S’agit-il de discrimination ?

Les cas de refus de visa d’études au Canada ces derniers temps, suscite un double étonnement. D’une part, la récurrence des refus de visa et de l’autre, les motifs estimés « illogiques » par les demandeurs.

Pourtant,  Immigration Citoyenneté Canada qui est le ministère responsable des programmes et des services d’immigration, d’établissement, de réinstallation et de citoyenneté a en effet, répondu défavorablement à la majorité des étudiants étrangers souhaitant poursuivre leurs études au Québec.

Des refus qui étrangement, sont répertoriés principalement dans des cégeps du Saguenay–Lac-Saint-Jean, un regroupement d’établissements d’enseignement supérieur situés dans la province de Québec au Canada et qui rassemble quatre cégeps, localisés dans les villes d’Alma, de Chicoutimi, de Jonquière et de Saint-Félicien.

Les motifs de refus de visa sont « illogiques »

Pour le député bloquiste de Jonquière, Mario Simard, les motifs de refus de visa sont « illogiques ». « On sait qu’il y a un programme provincial, le PEQ, qui vise à garder les étudiants étrangers au Québec et là c’est étrange parce qu’on se fait répondre du gouvernement fédéral qu’on a peur qu’ils ne retournent pas dans leur pays à la fin de leurs études. C’est complètement illogique», s’est-il étonné.

Face à cette situation Mario Simard ne compte pas accepter tout simplement ce genre de décisions. Il ira jusqu’au bout de l’affaire et interpelle les responsables concernés afin de revoir leur décision. « On a décidé de ne plus laisser passer aucun cas et de les dénoncer toutes les fois où c’est porté à notre attention», a-t-il promis.

Au Cégep de Jonquière, trois boursiers d’excellence en provenance de l’Afrique ont déjà reçu, des avis défavorables récemment, à des motifs pas du tout convaincants. « Ils ont reçu par exemple des refus pour incapacité financière alors qu’ils sont financés pour venir étudier ici. C’est une situation similaire à ce que d’autres étudiants en provenance d’autres pays ont également alors qu’on ne leur demande pas autant de preuves et les démarches ne sont pas aussi laborieuses», a constaté Sabrina Potvin, conseillère en communication pour le Cégep de Jonquière.

S’agit-il de discrimination envers les étudiants francophones ?

Des avis soutiennent l’idée, en effet, que derrière les motifs illogiques de demande de visas, se cache une discrimination envers les étudiants francophones dont la provenance principale est bien l’Afrique.

«J’ai l’impression que le gouvernement fédéral fait une discrimination qui n’est même pas cachée envers les étudiants francophones», a clamé le député bloquiste de Jonquière s’appuyant sur des chiffres.

En 2021, le Cégep de Chicoutimi a dénombré 77% refus de visa étudiant, 53% au Cégep de Jonquière et 57% à l’Université du Québec à Chicoutimi contre 9% seulement dans une institution anglophone comme l’Université McGill.

Aussi, au Collège d’Alma, sur les 57 nouveaux étudiants internationaux admis, les demandeurs de visas africains n’ont eu droit qu’à une dizaine de visas. Sachant que sur les 350 demandes internationales déposées, 175 sont africaines.

Le gouvernement fédéral nuit à l’immigration francophone

« La clientèle africaine principalement francophone, ça représente dans nos efforts de recrutement à l’international environ 80% de nos efforts, mais pour peut-être 5 à 10% de résultats», a observé Frédéric Tremblay, conseiller en communication pour le Collège d’Alma. Et d’enchainer : «On est en pénurie de main-d’œuvre, on a un recul du français et ce que fait le gouvernement fédéral, encore une fois c’est de nuire à l’immigration francophone en refusant des étudiants qui viendraient nous donner un coup de main dans un secteur où on en a fort besoin», a-t-il soutenu.

Le même responsable met l’accent également sur les contradictions dans les discours du gouvernement fédéral au Canada. «On voit une contradiction dans les messages dans le sens où au Québec, on vient d’annoncer des extensions de frais de scolarité entre autres en informatique et en soins infirmiers parce qu’on manque de main-d’œuvre».

En attendant, beaucoup d’étudiants francophones notamment, africains souhaitent le renversement de leur demande de visa pour aller faire leur propre bonheur et le bonheur des établissements accueillants. Car, comme l’a précisé encore le conseiller en communication pour le Collège d’Alma, « l’apport des étudiants de l’extérieur de la région, des grands centres, mais aussi de l’international, c’est important pour la survie de nos établissements en région».

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