HEC Montréal et étudiants algériens : la polémique enfle

La polémique enfle à l'école des hautes études commerciales (HEC) de Montréal, suite à la publication d’une publicité destinée aux étudiants algériens. Cette pub suscite toujours de vives réactions et l'école se retrouve sous les feux de la critique. 

Pour inciter les étudiants algériens à s'inscrire à leur programme d’études, le département communication de l'école HEC de Montréal a publié une affiche portant l'image d'une jeune fille voilée. Mal lui en a pris. L'université a été violemment attaquée suite à cette sortie qui n'a pas été du goût de certains politiciens et autres personnalités.

L’ancien chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, était parmi les premiers à réagir à cette publicité. « HEC Montréal a choisi un signe religieux misogyne (signifiant modestie et soumission de la femme) pour recruter des étudiantes d’Algérie, dénonce-t-il. Avis aux jeunes Algériennes qui tentent de résister à la pression des imams et des intégristes : HEC Montréal n’est pas votre allié », a-t-il écrit sur Tweeter.

La présidente du Rassemblement pour la laïcité, Nadia El-Mabrouk lui a emboité le pas en affirmant que « ce n’est pas neutre de faire ça. Ça vient avec une vision de la diversité et de la représentativité des signes religieux ». Celle-ci a souligné que le fait de montrer le voile, dans la pub, est « un point de vue favorable à l’islam intégriste, c’est mettre de l’avant des pratiques intégristes ».

L'affaire prend de l'ampleur et autre dimension

Des critiques qui ont été suivies par d'autres. L'université de Montréal a été cependant défendue par d'autres acteurs de la société civile. Les choses ne sont pas arrêtées là. L'étudiante qui apparait sur le placard publicitaire a été invitée à s'exprimer. Se retrouvant bien malgré elle au cœur d'une polémique qui ne cesse d'enfler, la jeune fille a été interpellée par le journal la Presse, a rapporté samedi 13 août le journal de Montréal.

L'école HEC a été d'ailleurs dénoncée pour avoir divulgué le nom et les information personnelles de cette étudiantes qui devait être tenue à l'écart de ce débat. Un débat qui porte désormais sur la situation de la femme algérienne et sur le port du voile en Algérie et au Canada. C'est dire que cette affaire a pris une autre ampleur et une dimension politique qui dépasse les frontières de Montréal.

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