Résidence permanente au Québec : le long calvaire d’un couple algérien

Un couple d’Algériens établi depuis 32 mois au Québec a décidé de saisir la justice canadienne contre Immigration Canada. Nidhal Chaabena et Amira Meslem attendent un enfant et l’accouchement pourrait leur coûter plusieurs dizaines de milliers de dollars. En raison de l'absence d'une résidence permanente et l’expiration de son permis de travail, l’épouse a donc perdu sa couverture du régime d’assurance maladie du Québec. Le bonheur de la grossesse s’est transformé en une constante angoisse.

Le couple, originaire d’Algérie, est toujours dans le flou. Après avoir multiplié les appels à l’adresse du ministère de l’immigration et les échanges avec leur député fédéral, ils ont décidé de saisir les tribunaux. Une requête en mandamus a ainsi été déposée devant la Cour fédérale.

L’épouse, Amira Meslem, architecte de formation affirme qu’aucun agent n’a été inscrit à leur dossier. « On ne sait rien, on n’a aucune explication », déplore-t-elle. [the_ad id="7305"] Selon les données fournies par Immigration Canada, les travailleurs qualifiés déjà sélectionnés par Québec doivent patienter 28 mois avant d’obtenir leur résidence permanente. Mais ce délai n’est même pas toujours respecté. C’est le cas pour Nidhal et Amira.

« Toute cette situation me stresse beaucoup. Ça devient une obsession. Chaque matin, je regarde si notre dossier a avancé, mais il ne se passe rien, » déclare encore Amira. Le coupe algérien attend ainsi depuis 32 mois et n’a eu aucun échange avec un agent fédéral depuis l’été 2019.

Une attente insupportable

L’avocat, Guillaume Cliche-Rivard indique qu’à travers cette action en justice « on souhaite que le tribunal force le ministère à répondre ». [the_ad id="7305"] Et d’ajouter « l’immigration n’est pas supposée être une loterie. C’est un processus administratif légal. Cette attente, ça suffit. Ça n’a plus de bon sens. »

L’avocat montréalais estime que ces délais sont devenus déraisonnables. « Les demandeurs ont fait tout ce qu’ils avaient à faire. Ce sont des candidats modèles, ils travaillent, vont fonder une famille. Normalement, une résidence permanente apporte de la joie, c’est la consécration. Mais maintenant, pour les immigrants, c’est un processus anxiogène et Immigration Canada ne fait rien », a-t-il indiqué.

Le Québec fait fuir les Algériens

La province canadienne du Québec était  la destination privilégiée des immigrés nord-africains notamment les Algériens. [the_ad id="7305"] Mais depuis quelques années, cela semble être en train de changer. La révolte gronde chez les immigrants. Dans la province francophone du Canada, les dossiers pour obtenir le statut de résident permanent s’accumulent et se compliquent. De nombreux migrants algériens préfèrent fuir le Québec pour s’installer dans d’autres provinces canadiennes.

Les raisons de cet exode s’expliquent par une réforme menée en 2019 par le gouvernement du Premier ministre de Quebec, François Legault. La nouvelle mesure du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) prévoit ainsi que tous ceux qui obtiennent leur diplôme après le 30 décembre 2020 doivent désormais valider entre douze et dix-huit mois d’expérience de travail au Québec avant de prétendre à la résidence permanente.

 

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