« L’Algérie a abandonné ses enfants à l’étranger », le cri du cœur d'une algérienne bloquée en France

Alors que les frontières sont rouvertes partiellement, la situation reste compliquée pour les ressortissants algériens vivant à l’étranger. Ils sont confrontés à une situation des plus complexes.  Vols indisponibles, prix des billets exorbitants et des conditions de réservations jugées floues ou trop restrictives.

Depuis le 1er juin, après 14 mois de suspension, les vols en partance et à destination de l'Algérie ont été rouverts avec plusieurs pays. Mais cette réouverture partielle des frontières s'est accompagnée d'un grand nombre de restrictions et d’aléas.

La réouverture sous conditions des frontières  ne permet pas aux Algériens de France de passer l’été au pays. Les membres de la diaspora algérienne en France oscillent entre colère et résignation.

Mouna. T, une jeune mère de famille algérienne bloquée en France pousse un véritable cri du cœur. Pour elle, « l’Algérie a abandonné ses enfants à l’étranger ».  Elle explique qu’elle ne peut pas rentrer en Algérie,  « parce que les liaisons aériennes sont à l’abandon ».

Vols limités à des prix exorbitants

Pour prendre un avion vers l’Algérie pour le mois de février prochain (vols de 19 février d’Air France), elle devra débourser prés de 3500 euros. Une somme déraisonnable et excessivement chère.  « Voilà combien me coûterait un billet d’avion si je veux rentrer en Algérie pour une semaine avec ma famille, » déplore-t-elle.

« L’Algérie c’est mon pays, c’est son sol qui a donné naissance à mon corps. L’Algérie c’est ma mère, j’ai bu de son lait, petite et j’ai grandi à l’ombre de ses oliviers. Mais aujourd’hui, je ne peux pas y aller parce que les liaisons aériennes sont à l’abandon. Je ne peux pas rentrer voir mes sœurs. Je ne peux pas rentrer marcher dans les lieux que j’ai aimés jadis. Mes filles ne pourront pas créer de lien avec cette terre qui m’est chère, » écrit-elle dans un message émouvant.

Il faut dire qu’à l’heure actuelle, Ils sont encore des milliers des ressortissants algériens qui sont bloqués en France à cause du nombre limité de vols et des conditions d’accès au territoire, très strictes. Un exil qui génère souffrance, incompréhension et colère. « Impossible de trouver un vol et quand on en trouve un, ce sont des prix exorbitants avec de multiples escales. On ne sait pas quand est ce qu’on pourra rentrer. C’est épuisant », s’afflige la jeune mère de famille.

« Nos familles n’ont jamais vu notre fille qui aura bientôt 2 ans et aucune solution n’est envisagée pour l’instant par l’Algérie. Air Algérie continue de faire des vols de rapatriement uniquement et les compagnies comme Air France affiche des prix incroyables pour l’Algérie. On est abandonné. C’est triste », ajoute-t-elle.

Une offre loin d’être suffisante

En dépit d’une hausse significative des vols depuis juin dernier, et l’ouverture de nouvelles destinations vers le Canada, la Tunisie et le Qatar, la reprise est jugée très insuffisante pour les voyageurs. À la fin du mois août 2021, le nombre de vols a été revu à la hausse à cause de la forte demande qui allait en grandissant.

Nombreux citoyens et experts ne cessent d’ailleurs d’appeler les autorités à ouvrir complètement les frontières afin de permettre à la compagnie nationale Air Algérie de reprendre le service d’une manière plus conséquente.

Selon des sources du ministère des transports, les hautes autorités de pays ont approuvé un programme pour la réouverture totale des frontières aériennes. Elles ont néanmoins, conditionné cette décision par la vaccination de 70 % de la population. Un objectif loin d’être atteint, pour le moment.

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